Entrepreneuriat

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Des solutions pour accéder aux financements
Le difficile accès au financement est souvent invoqué comme étant un des obstacles principaux au développement de l'entrepreneuriat. Des solutions sont mises en place ou envisagées pour pallier le problème. Mais une condition est à respecter : être un vrai entrepreneur.

Dans le domaine de l'entrepreneuriat, Madagascar se distingue des autres pays d’Afrique par la forte défiance des entrepreneurs malgaches, c'est-à-dire, plus de 75% des personnes interrogées déclarent que la culture malgache ne semble pas favorable à l’entrepreneuriat.

« Le manque de confiance des entrepreneurs dans l’esprit d’entreprise à Madagascar est à rapprocher de la peur de l’échec et de la prise de risque dont est empreinte la culture malgache », explique Fanoa Rakotoson, président de la Jeune chambre internationale (JCI) - Antananarivo.
Une affirmation confirmée par Prospérin Tsialonina, gérant de la société KENTIA sarl et ancien de l'Institut de la Francophonie pour l'entrepreneuriat (IFE) à Maurice.
« En parlant de problème d'accès au financement, nous devons voir la situation à deux niveaux. Le premier correspond au comportement de l'individu. Une personne qui veut entreprendre doit avoir le goût du risque », note-t-il. « La culture malgache qui tolère moins les erreurs décourage aussi les jeunes », poursuit-il. Actuellement, il est constaté que des jeunes ont des idées et des moyens financiers, mais la plupart d’entre eux mettent en avant le confort dans la vie quotidienne. L'investissement dans une entreprise est très important et alors ils laissent tomber leurs projets. Pour ceux qui n'ont pas cette opportunité, des sociétés intervenant dans l'accompagnement des entreprises et des organisations mettent en place des
mesures. 

L'association des anciens IFE à travers son président, Davida Rakotomalala, a annoncé, récemment lors de la cérémonie de passation, le projet de mise en place d'un fonds pour l'entrepreneuriat qui sera destiné aussi bien à ceux qui vont démarrer les activités qu’à ceux qui comptent les développer.

Esprit culturel
Actuellement, il existe aussi des sociétés de garantie, comme Solidis, des maisons d'assurances, ou des sociétés à capital-risque qui visent aussi à faciliter l'accès aux crédits auprès des institutions bancaires. Ces dernières octroient des montants assez importants. Pour les micros, petites et moyennes entreprises, des caisses mutuelles sont de même mises en place. Elles peuvent financer à hauteur de deux à trois millions d'ariary. L'adhésion est facilitée et les fonds sont créés à partir des cotisations des membres. Mais l'accès à ces financements repose sur des conditions, dont la première, la base, est la culture de l'entrepreneuriat qui sera inculquée à travers les formations. Ensuite, entrent en ligne de compte la présentation d'un bon business plan qui traduit souvent la logique dans les idées du promoteur de projet, et les projections dans les deux à trois ans à venir.
« Même si nous octroyons à une personne tous les moyens financiers nécessaires mais qu’elle n'a pas cet esprit culturel, il échouera dans la gestion des fonds qui lui seront alloués », spécifie Davida Rakotomalala.

Outre les institutions financières et non financières, des programmes nationaux et internationaux dédiés à l'entrepreneuriat sont proposés. Certains ont obtenu des résultats palpables. Le programme Prosperer est un exemple concret. Il a permis la création de micro-entreprises dans ses zones d'intervention.
Mais la réussite n'était pas toujours au rendez-vous. En 2011, le ministère de l'Agriculture a lancé l'Opération de promotion de l'entrepreneuriat agricole (OPEA) dans cinq régions, à savoir Atsinanana, Bongolava, Vakinankaratra, Analamanga et Ihosy. En terme de crédits, 31 jeunes entrepreneurs dans la région Analamanga ont eu accès à des financements de près de 30 millions d'ariary. Mais le projet a été très vite abandonné.

Selon Fanoa Rakotoson, il est primordial de reconquérir la confiance des bailleurs aussi bien nationaux qu’internationaux, et d’encourager toute forme d’entrepreneuriat surtout chez les jeunes.

Un Salon de l'entrepreneuriat et de l'emploi en vue
Les 19 et 20 juillet, un salon de l'entrepreneuriat et de l'emploi sera organisé à Antananarivo. Selon son promoteur, Prospérin Tsialonina, le gérant de la société KENTIA sarlcette manifestation permettra à ceux qui veulent intégrer le milieu entrepreneurial d'avoir accès à des informations qui seront partagés gratuitement par des partenaires et organismes d'appui intervenant dans ce secteur. Cinq domaines seront présents : conseils et accompagnement, formalités et obligations, financement, services aux entreprises et nouvelles technologies. Des conférences et des formations gratuites dans le cadre du "kit entrepreneur" et "kit emploi" seront organisées. Un espace de recrutement est prévu à cette occasion. Le meilleur qui sortira du concours de meilleures idées de projet sera accompagné gratuitement dans l'amélioration des idées, l'élaboration du business plan et la recherche de bailleurs.

Lantoniaina Razafindramiadana
Mercredi 06 mars 2013

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